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 Zé do Caixao [José Mojica marins]

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Maniak
Maudit chialeux
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Nombre de messages : 25
Localisation : Alsace
Date d'inscription : 01/09/2005

MessageSujet: Zé do Caixao [José Mojica marins]   Jeu 1 Sep à 16:16

(j'ai pas mis la date parce que le même topic servira à la critique des 6 films.
Le genre semble correspondre, si toutefois ce n'était pas le cas, déplacez je vous prie...)

A Minuit je posséderais ton âme.



Titre original : À Meia noite levarei tua alma

Réalisé par José Mojica Marins
Ecrit par José Mojica Marins
Avec José Mojica Marins, Magda Mei, Nivaldo de Lima, Valéria Vasquez, Ilídio Martins

Année : 1964

Pays : Brésil

Durée : 81 min



Zé du cercueil est le fossoyeur d'une petite ville brésillienne, sa philospohie l'incite à faire ce qu'il veut au moment où il veut, il se met donc en quète d'une femme pour avoir un enfant...



José Mojica Marins découvre le cinéma à 2 ans grâce à son père projectionniste. Ils verra ses premiers films depuis sa maison, attenante au cinéma où travaille son père. Ce furent des documentaires d’éducation sexuelle déstinés à prévenir les couples des dangers des MST ! Une première expérience plutôt étrange et pour le moins marquante !
Par la suite le jeune Marins découvrira le pendant cinématographique de ses bandes dessinées préférées sous la forme des westerns et des films d’aventures américains, c’est à ce moment que sa passion pour le 7ème art naîtra véritablement. Très tôt, et avec les moyens du bord, José Mojica Marins réalise ses premiers courts métrages avec des amis. Ils furent projetés en public, mais les salles ne disposants pas d’équipement de son, ce son les acteurs du films qui font les dialogues « en live » au moyen de portes voix !

En effet, dans les années 60 le cinéma brésilien est quasi-inexistant, et tout particulièrement le cinéma d’horreur : Marins déplore l’absence d’icône fantastique brésilienne telle que Dracula ou Frankenstein. Il décide alors de réaliser lui-même le premier vrai film d’horreur brésilien : « À Meia noite levarei tua alma » (A minuit je posséderais ton âme).
Le film nous narre les aventures de Zé do caixao (Zé du cercueil en français, et Coffin Joe outre atlantique…) croque mort d’un petit village brésilien. Celui-ci est obsédé par la perpétuation de son sang. Il se met donc en quête de la femme parfaite (qu’il « testera » au moyen de tortures diverses.) capable de lui donner un enfant à la hauteur de ses espérances, lequel devra fonder « une nouvelle race » d’hommes forts, libérés de toute croyances et superstitions. Zé méprise ses concitoyens, qu’il juge faibles car croyants (le brésil est un état très pratiquant) et il ne manque aucune occasion de le leur faire savoir en blasphémant, provoquant des bagarres ou en les provocants de manières diverses (Il mange de la viande le vendredi saint, triche au poker…).


Le film entier reposant sur le personnage de zé, il fallait lui trouver un look et un interprète convaincants. Pour le look, Marins s’inspire d’un de ces cauchemars, en effet lors d’une nuit de fièvre il a rêvé d’un étrange personnage griffu, et vêtu d’une cape et d’un chapeau-calque noirs, qui l’emportait vers sa tombe. Le lendemain il ne se souvient plus de rien, hormis ce sinistre personnage : Il voit là le personnage idéal pour son film.
En plus de son look, Marins travaille beaucoup le personnage en lui même : Zé n’hésite pas à joindre les actes à la parole, sa philosophie peu orthodoxe l'incite à faire ce qu'il veut au moment où il veut. Ainsi il n’hésitera pas à tuer son meilleur ami pour séduire sa femme, à tuer sa bonne parce qu’elle le gêne, et à torturer, humilier et tuer de nombreux autres villageois pour des raisons variées.
Enfin, ne trouvant pas d’interprète satisfaisant pour le rôle, José Mojica Marins se résout à endosser lui-même la défroque du fossoyeur maléfique.
Et le résultat est impressionnant : Malgré sa méchanceté (ou peut-être a cause d’elle ?) Zé possède un charisme immense, avec des ongles de cinq centimètres, les yeux injectés de sang et le sourcil qui se lève avant chaque méfait, barbu et tout de noir vêtu l’infâme Zé do Caixao est un personnage absolument unique dans le cinéma fantastique, et cela contribue énormément au succès du film.



Malgré des difficultés financières et matérielles (Marins ne possédais que 130 minutes de négatif à sa disposition, et il a du vendre sa voiture et sa maison pour payer l’équipe !) le film est achevé et sort sur les écrans brésiliens en 1964.
Tout de suite les censeurs détestent le film, ce sont surtout les blasphèmes, même si le film est tout sauf avare en scènes de tortures et de meurtres gores, qui choquent. (rappelons qu’a l’époque le brésil était un pays à 100% catholique, et que la population était très pratiquante !)
Néanmoins le film est un succès immédiat, les gens se déplacent en masse pour voir le film, et « A minuit je posséderais ton âme » restera à l’affiche pendant deux ans à Sao Paulo !



Actuellement, les blasphèmes tant décriés font tout de même sourire, et on peut trouver les monologues de Zé sur la nécessité d’avoir un enfant ennuyeux et répétitifs, mais l’ambiance macabre ravira les fans de vieux film d’horreurs, les effets spéciaux restent biens faits et très osés pour l’époque, et on est bien obligé de constater que le charisme de Zé opère toujours.

5/6



site: http://www2.uol.com.br/zedocaixao/

disponible en dvd chez http://www.machiaveldvd.com/
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Maniak
Maudit chialeux
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Date d'inscription : 01/09/2005

MessageSujet: Re: Zé do Caixao [José Mojica marins]   Jeu 1 Sep à 16:16

Cette nuit, je m'incarnerais dans ton cadavre



Titre original : Esta noite encarnarei no teu cadaver

Réalisé par José Mojica Marins
Ecrit par José Mojica Marins
Avec José Mojica Marins, Roque Rodrigues, Nádia Tell, William Morgan, Tina Wohlers, Nivaldo de Lima, Tânia Mendonça…

Année : 1967

Pays : Brésil

Durée : 107 min



Suite au succès du premier film, José Mojica Marins s’attache donc à lui donner une suite.
« Cette nuit je m’incarnerais dans ton cadavre » est la suite directe de À minuit je posséderai ton corps. Alors qu’on le croyait bel et bien mort, Zé ressuscite, recouvre la vue et est de retour dans son village, attendu avec angoisse par les villageois (à son arrivée les rues se vident et les fenêtres se ferment).
Ses opinions renforcées par les agissements des villageois, Zé reprend sa quête de la femme parfaite là où il l’avait laissée. Il se met à kidnapper toutes les jeunes filles seules (ou pas) qu’il peut trouver, et les soumets à une batterie de tortures destinées à les « tester ».
Des six femmes testées une seule réussira, Marcia, mais Zé la rejette rapidement quand il constate qu’elle ne prend pas plaisir à la cruauté. Elle rejoindra les autres infortunées dans la fosse aux serpents (d’où est lancée l’incantation du titre…)
Zé trouvera quand même l’âme sœur, en la personne de la fille du colonel. Celle-ci est cruelle, calculatrice, ne croit en rien, et est éperdument amoureuse de lui. Mais, comme dans le premier film, la malédiction lancée par ses victimes reviendra le frapper.



Ce deuxième film est assez semblable au premier, Zé commet ses atrocités et est punit à la fin. Seulement cette fois la punition est beaucoup plus concrète que les hallucinations du premier. Zé est littéralement emmené aux enfers par une de ses victimes! Et c’est justement cette scène qui fait toute la force du film : d’abord il est traîné par une forme noire et indistincte absolument terrifiante, puis il se retrouve dans un cimetière où des mains jaillissent des tombes pour l’entraîner sous terre, et là, le pauvre Zé se retrouve dans un enfer aussi original qu’impressionnant. Le film passe subitement à la couleur, et on se retrouve dans une sorte de grotte éclairée de couleurs vives et saturées, des milliers de hurlements retentissent, des corps gémissants apparaissent et disparaissent, du sang coule des murs, des morceaux humains percent le plafond et le sol. Les couleurs changent selon les salles traversées par Zé , mais sont toujours aussi saturées, les hurlements se succèdent sans discontinuité, des démons cornus torturent les damnés a coups de chaînes, de fouets, et de fourches, on voit des démons tenir en laisse des hommes mal-formés. Au milieu de tout cela se dresse un immense fauteuil entouré de démons et de femmes, sur lequel trône le roi des enfers. La vision s’achève quand Zé constate que c’est lui-même qui siège sur le trône des enfers !
Après cette scène dantesque (le mot est faible !) le film revient au noir et blanc et s’achève par la mort de l’infâme Zé dans un marécage.



Un deuxième volume très artistique donc, avec des décors de studio très travaillés, malgré les difficultés financières. (Le film a été entièrement tourné dans une synagogue abandonnée que Marins transforma en studio : Dans un espace dépassant à peine les 50 mètres carrés, il fait construire une forêt, un lac et un cimetière !)
Les critiques furent très sensibles à cet aspect artistique du film, et saluèrent la vision très personnelle de l’enfer qu’a José Mojica Marins : à la fois coloré et enneigé, l’enfer de Marins se situe très loin des représentations classiques de flammes et de marmites dans lesquelles on enfourne les damnés !
Par contre la censure ne vit pas le film de cet oeil là, et la séquence des enfers fut coupée de moitié lors de la sortie du film.



En plus des difficultés avec la censure et des problèmes pécuniaires, Marins doit faire face à des actrices récalcitrantes à voir leur épiderme parcouru par des araignées et des serpents. Ainsi, suite au départ précipité d’une des actrices, Marins décide de saouler purement et simplement les autres actrices afin de pouvoir tourner cette fameuse scène! Dans une autre scène, estimant que les cris de son actrice n’étaient pas assez convaincants, il n’hésite pas à se servire de tenailles pour obtenir l’effet escompté!



Cette nuit je m’incarnerais dans ton cadavre est très semblable au premier film, on y retrouve globalement les mêmes défauts et les mêmes qualités, la scène de l’enfer faisant la différence entre les deux films.
Ce deuxième film eut encore plus de succès et est encore actuellement classé parmis les 10 films ayant fait le plus de recettes sur le territoire brésilien: le rêve de Marins c'est réalisé, Zé do caixao est devenu une icône populaire, n'importe quel brésilien sait qui est Zé, de même que tout le monde en Europe connait Dracula...

5,5 / 6
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Zé do Caixao [José Mojica marins]
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